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 Arts contemporains d'Afrique de l'Ouest I
GALERIE  >  PLASTICIENS
Ismaël Diabaté

Ismaël Diabaté est, comme il aime à le dire, le doyen des plasticiens maliens.
Il vît et travaille à Bamako, dans son atelier de Magnambougou.






Il nous sera difficile d’écrire sur cet artiste tant il a de choses à nous transmettre. Il incarne l’ancien dans toute sa splendeur qui a une réflexion très complète sur notre monde actuel, avec des rappels des valeurs fondamentales trop souvent délaissées.
Son travail à travers les années est le fruit de recherches, d’expérimentations de la matière, de la forme, de la couleur, du symbole.
Il travaille depuis plusieurs années avec deux techniques distinctes : l’acrylique sur toile et le bogolan contemporain.





Entretien avec le grand Ismaël Diabaté :
« Comme j’aime le dire je suis l’ancêtre des plasticiens maliens parce que je suis le plus ancien sortant de l’Institut National des Arts de Bamako.
Sorti de l'école j'ai beaucoup travaillé à la peinture à l'huile et ai particulièrement étudié les impressionnistes. Pour moi ce sont les grands maitres de la couleur. J'ai beaucoup appris avec eux. Je peux dire que pratiquement pendant dix ans je n'ai travaillé qu'à l'huile que des amis européens me ramenaient parce que l’on ne trouvait pas de tubes sur le marché bamakois. C'est une des raisons pour lesquelles aussi je me suis intéressé à d'autres techniques telles que le dessin à l'encre de chine à la plume.
Je me lance toujours le défi de maîtriser de nouvelles techniques.



Du dessin à la plume, je me suis penché sur le bogolan. C'est une technique traditionnelle artisanale mais m'intéressant au bogolan mon défi était d'en faire une technique artistique qui permette la spontanéité, l'expression spontanée et je pense que après 10 années de recherches je suis arrivé à un résultat acceptable. »


Le cachet de ses bogolans a une inspiration traditionnelle mais ce sont des œuvres résolument contemporaines, modernes.


"Partir"
2000, 155x45 cm

« Chemin faisant, j’ai maitrisé un certain nombre de techniques qui me permettent aujourd’hui de m’exprimer quelque soit les conditions de travail.
Je travaille parallèlement à l’acrylique, au montage de matériaux, à l’utilisation de signes sacrés bamanan, des motifs dogons ...
En sortant de mes études, nous étions peu de peintres maliens, la plupart étant à l’étranger, et on nous demandait de faire un peu de tout, pour montrer vraiment qu’on est peintre. A l’époque, on était obligés pour se faire accepter dans la société de montrer qu’on sait faire beaucoup de choses Aujourd’hui, les jeunes n’ont plus cette contrainte-là parce que nous nous avons un peu balayé le terrain.

Notre démarche a été essentiellement poussée par un esprit pédagogique par rapport au public.
On peut dire que la peinture sur chevalet contemplative ne fait pas partie de la tradition esthétique de chez nous et donc les gens avaient du mal parce qu’ils se posent toujours la question « ça sert à quoi ? ». La peinture contemplative, esthétique, visuelle, juste pour le plaisir des yeux c’est un concept qui n’est pas dans notre pratique artistique. Donc les gens avaient du mal à accepter ce que nous faisons. Dans la tradition on dit que la musique n’est pas bonne, c’est son sens qui est bon, ce sont les mots, les phrases utilisées qui ont un sens. Ils ont transposé la même appréhension dans les statuaires. Le masque sert à quelque chose. La plasticité est au service de l’humain, de la société, d’une certaine façon il est utilitaire. Mais faire une œuvre juste pour le plaisir des yeux ça ne fait pas partie de notre culture.


Les foules de mars
bogolan, 2000, 445x155 cm

Tout cela fait qu’en m’inspirant des signes traditionnels j’essaye de respecter malgré tout la construction parce que la construction d’un bogolan traditionnel a ses règles. La bande de ligne droite doit être quelque part, les points doivent être quelque part, c’est très précis.
Je suis très soucieux du respect de ces aspects et même dans la peinture je fais des nœuds aussi pour rester dans ce mysticisme.
Les supports de mes toiles sont de la cotonnade traditionnelle qui implique beaucoup de symboles de valeurs. C’est important pour moi d’être dans cette démarche particulière à l’Afrique. Comme le disait mon ami feu Chris Seydou, si nous devons participer à l’universel ça doit être avec nos couleurs, nos valeurs etc. Si nous devons enrichir le monde il faut que ce soit avec notre propre sensibilité. L’Afrique a une sensibilité particulière qui fait partie de la sensibilité de la loi du monde. On a besoin de l’art chinois dans le monde, on a besoin de l’art américain, on a besoin de l’art français. Ce serait inutile que tout le monde fassent la même chose. Nous devons au contraire cultiver ces différences pour qu’il y ait une participation plus identifiable de ce que nous faisons.



Moi je fais des nœuds dans mes œuvres, je sais pourquoi je les fais. Tout en étant ancré dans ses propres valeurs, on peut créer des œuvres de valeurs universelles et contemporaines.

Faire des nœuds …
Je fais référence à une pratique très ancienne de chez nous du guérisseur. Souvent quand un enfant était malade, le guérisseur prenait un fil de coton blanc et il faisait des nœuds avec des fils mais à chaque nœud il prononcait des mots. Quand il fait un nœud il attache le sens du mot. C’est pourquoi j’ai fait une œuvre appelée La parole attachée. Ensuite on met un collier en coton blanc autour de l’enfant qui est malade. Je fais référence à cela parce que j’admire les créateurs des autels africains, les anciens plasticiens. Ce sont des très grands créateurs qui font immerger des objets d’une plasticité extraordinaires.

J’utilise les signes sacrés bambaras pour leur plasticité d’abord mais au delà de cela si quelqu’un veut s’intéresser aux signes réels, il se rendra compte qu’il y a derrière tout un monde. Le signe ne constitue pas le sujet principal du tableau mais il participe à la composition.

A mon sens, il est important que nous nous replacions dans cette vision du monde que les africains ont, je ne parle pas des africains de l’élite, je parle de l’Afrique traditionnelle. Quand tu côtoies les gens simples tu te rends compte qu’ils n’ont pas du tout la même vision du monde que les autres parties du monde…et ça c’est important. J’estime que ça c’est une vision suffisamment importante où peut-être le monde peut trouver un salut, j’en sais rien.



Après les évènements du World Trade center, les gens simples que nous nous côtoyons ont été surpris par la réaction des américains qui disait « on prend nos clics et nos clacs, nos fusils et nos canons, on va en Afghanistan, on va en Irak et puis boom ». Les gens simples ont été très choqués par cette attitude. La première question qu’ils se seraient posé et qu’ils se sont posé est de dire « Qu’est ce que nous avons pu faire à ces gens jusqu’à ce qu’ils soient arrivés à un tel point de sacrifice humain ? » Parce que prendre un avion, faire face à une tour en sachant que tu vas mourir c’est que tu dois avoir une motivation extraordinaire derrière toi.
S’ils s’étaient posés cette question là avant, le cour des événements aurait changé mais au lieu de cela le gouvernement américain a dit on prend nos canons, nos fusils et on va tirer chez eux aussi. Et ils trouvent qu’à ce rythme là le monde ne sera jamais en paix.
Voilà c’est comme ça qu’ils conçoivent la vie. Si on arrivait dans le monde à ne serait-ce qu’un tout petit peu insuffler de ce raisonnement là, je pense que le monde serait un peu plus calme.



On parle aujourd’hui d’écologie, de préservation de l’environnement mais depuis 1112 les donsow (chasseurs du Mandé) ont dit « Toute vie est vie. Il faut les respecter toutes. La vie de l’homme ne vaut pas mieux que la vie de l’arbre, ne vaut pas mieux que la vie du chien, ne vaut pas mieux que la vie de l’antilope. Toute vie est vie et pour ce respect de la vie sous d’autres formes, même un arbre on ne peut pas le tuer impunément comme ça. » La philosophie des donsow était qu’on ne tirait sur l’animal non pour le plaisir de faire la chasse mais on tirait parce qu’on en avait besoin pour vivre. C’est ce qui a fait que les choses de la nature ont été maintenues depuis longtemps. Mais cette philosophie tend à disparaître. D’autres philosophies sont venues tout détruire et aujourd’hui on est désespérément à la recherche du respect de l’environnement.
Il y a des choses en Afrique que nous devons redécouvrir et réutiliser. C’est plus facile pour nous de dire aux enfants « ne faites pas ça » que de jouer le policier derrière chaque homme.
Les ancêtres disent bien qu’il faut construire l’homme. C’est l’homme que l’homme doit construire. Sans cela on a beau faire des villes avec des buildings, un jour l’homme va prendre un fusil et tout casser. On a vu des pays africains complètement détruits parce qu’ils n’ont pas construit l’homme.
Au Mali nous n’avons pas de building mais il y a eu une des premières constitutions au monde en 1236, la charte de Koukenfoura dont les principes régissent encore les fondements de nos sociétés.



Il faut absolument que l’on arrive à faire la fusion de l’Afrique d’hier et l’Afrique d’aujourd’hui et c’est un de me rôles en tant que plasticien de la première heure. Nous sommes à la charnière des deux entre le monde contemporain et l’Afrique traditionnelle. Nous sommes les deux faces d’une même chose. C’est pour tout cela que je ne peux pas peindre comme un nouvel artiste aujourd’hui. Il y a trop de choses qui me rattachent à l’Afrique traditionnelle et trop de choses qui me tirent à l’avant aussi. Je ne peux pas échapper à cette double attirance et cela se ressent dans mon travail. Si on ne lit pas mon travail avec cette double vision on a du mal à comprendre ce que je fais.

Ismaël Diabaté est dans une période de peinture rouge à l’acrylique.
Il s’inspire du rouge N’pegu issu des teintes bogolan.
« Pour apprécier ce rouge il faut se débarrasser des préjugés par rapport au rouge qui serait violent, parce qu’on peut faire des œuvres violentes avec des bleus. Moi quand je travaille le rouge je ressens de la sérénité…je suis à un âge où je peux être serein, où je me dois d’être plus posé. Ma façon de poser la peinture est beaucoup plus calme maintenant qu’avant. La sérénité s’acquiert avec le temps.
Je travaille au couteau mais aussi avec les matériaux que je trouve qui peuvent le mieux rendre ce que j’ai envie de faire, avec les doigts avec les brosses, les morceaux de bois. Pour moi l’essentiel est d’arriver à rendre ce que j’ai envie de faire et l’outil importe peu.



Le book d'Ismaël Diabaté est disponible en pdf sur demande par mail.
mail@douniala.com


Damy Théra

Damy Théra
Sculpteur, Bamako







Oro




Oro



L'immersion dans l'univers de Damy ne peut que marquer le visiteur. Il vît dans un quartier excentré de Bamako qui nous rappelle plus les villages environnants que la capitale. Dîplomé de l'INA, il y enseigne les arts plastiques à partir de 1984 avant d'être nommé cinq ans plus tard chargé de dessin archéologique à la section Histoire-archéologie de l'Institut des Sciences Humaines.
C'est peut-être là qu'il a aiguisé sa conception de l'homme comme celle du surnaturel dans l'homme qui transparait aujourd'hui dans ces personnages de bois.




Oro (détail)



Les êtres qui émergent des blocs immenses de bois de Damy ont de troublant qu'ils sont autant fidels à une morphologie exacte de l'homme qu'ils s'en éloignent à certaines parties. Ainsi des bas de corps auront des allures de statues antiques alors que le haut semblera sorti de l'esprit le plus avancé dans l'imaginaire de science fiction. Les sculptures qu'il nous présente s'appellent "ORO". Il s'agit de masques bobo qui rentrent dans les fêtes à l'approche de l'hivernage. Elles sont utilisées pour implorer les dieux afin que l'eau abonde.

Les sculptures anthropomorphes de Damy sont à taille réelle comme pour nous rappeler un aspect de notre condition qui nous échappe, une part invisible nous-même.




Sculpture monumentale en cours d'élaboration.




Couple primordial
bois 2007




Couple primordial
bois 2007




Portrait
bois/argile

contact : mail@douniala.com


Martel Mataley

Peintre vivant à Sénou, Mali.








Une rencontre avec le peintre Martel Mataley n’est jamais anodine. C’est le genre d’artiste dont le charisme et la force nous contaminent. Les discussions avec lui se dirigent toujours vers des axes de conduite de vie avec des valeurs de positivisme et d’actions pour le bon.

Martel Mataley est originaire du Ghana. Il est né en 1950 à Winneba, fils d’un célèbre guérisseur et d’une famille maternelle royale Efutu. C’est à l’Université des Sciences et Technologies de Kumasi, capitale régionale Ashanti, qu’il étudie le dessin, le graphisme, l’histoire de l’art et la publicité (1971-1974).
En 1983, Martel vient s’installer au Mali. « L’homme est immigrant. Il doit évoluer par ses désirs, ses recherches. » Il a exposé dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest et en Europe.
Lorsqu’on lui demande si l’insertion dans la société malienne n’a pas été trop difficile, il répond : « Une vie difficile me fait approfondir la recherche que je mène pour découvrir l’homme et son identité. Dans l’obscurité il y a toujours la lumière et j’applique toujours la maxime Think Positive. Si on se laisse décourager par les obstacles, nous nous éloignons de ce que nous sommes. Avec une pensée saine et une conduite propre, il y a toujours de l’espoir. »

Martel nous parle avec la fantaisie de son accent anglais qu’il plaque aussi sur le bambara qu’il parle avec ses voisins de Sénou. Il est installé avec sa famille à une quarantaine de kilomètres de Bamako, près de l’aéroport dans cet immense village très étendu mais dont les constructions et le calme apportent aux habitants une sérénité bien éloignée du tumulte bamakois. Il nous reçoit près de son puit, à l’ombre d’un arbre. Les femmes passent, nous saluent suivies de troupeaux de chèvres en rang sur le chemin qui longe le terrain de Martel. On sent qu’il est très respecté, les gens viennent lui rendre visite tout au long de la journée. Et puis il y a les jeunes représentants des ressortissants ghanéens dont Martel est le président, qui viennent le consulter.
Les phrases de Martel sont des poèmes mais il suffit de passer un moment dans son contexte de vie pour comprendre qu’il n’est pas un rêveur. Il agit, sans cesse en mouvement et sa peinture exprime ce dynamisme.

« Avant l’art africain était considéré comme primitif par les occidentaux. Par contre replacé dans le contexte spirituel des africains, c’est plutôt une parole sacrée à partager. Cet art n’est pas taillé pour être plaqué dans un contexte académique.
Au temps colonial l’art africain servait de cadeau souvenir exotique. Les occidentaux en apportaient chez eux sans le comprendre.
C’est avec les indépendances qu’on a commencé à se questionner sur ces œuvres et à faire des recherches. On sait que ces découvertes ont beaucoup inspirées les artistes européens ; Braque, Matisse, Picasso, ainsi que des courants très contemporains comme le cubisme qui changea radicalement l’appréhension des formes.
Lors des indépendances, nos pays ont compris que nous devions avoir un ministère et une administration de la culture avec des écoles d’arts, des musées … Hélas, à ce moment, notre patrimoine avait déjà été évacué hors de notre continent.
Maintenant encore nos objets sont donnés comme cadeaux à des chefs d’état. Finalement, il nous reste essentiellement la fraternité et l’amour.
L’Occident doit comprendre qu’une autre civilisation doit t’apprendre à partager. Par exemple, les pyramides d’Egypte n’appartiennent pas aux égyptiens mais s’adressent à l’humanité. Je veux amener le débat qui questionne : Est-ce qu’un patrimoine culturel doit être traité comme une marchandise ?


Sur la question de l’art contemporain, je pense qu’il doit y avoir un message lié avec la culture de son peuple. On ne rentre pas dans cet art hasardement. C’est aussi pour glorifier sa culture. L’art doit exprimer sa filiation avec l’identité d’un peuple.
Avant les quatre choses qui faisaient l’homme étaient la croyance, le rituel, la foi et ce que j’appelle le mental effect.
Aujourd’hui dans la pensée moderne, c’est la connaissance qui fait l’homme. »




Vibrations.
acrylique, 2005 50x65 cm
495 000 Fcfa (754 euros)

Il s’agit de différents instruments de musique. L’un est composé de lamelles de fer. Quand on tire dessus on sent une vibration.


Martel a quitté le centre ville pour se retrouver dans un environnement à l’image de sa tranquillité intérieure et peut ainsi se consacrer à son grand projet, l’ouverture d’une école d’art. Il veut en implanter une à Sénou et l’autre au Ghana pour les enfants des rues. Mais cette école serait plutôt un centre de création, loin des dogmes des écoles académiques.
« Les enfants des rues ont des talents qu’on ne connaît pas. Je souhaiterais qu’on n’impose pas trop de restriction à la créativité. La passion ne doit pas être négative mais plutôt liée à une école de l’inspiration. N’importe qui pourra entrer dans cette école pour apprendre. »
Martel finit de construire sa concession pour accueillir le centre. Il nous montre les endroits où seront les ateliers, autour de cet arbre que caresse une brise.
Les ateliers proposés seront :
l’alphabétisation
la couture
le dessin et la peinture
la teinture
le bogolan
le tissage

« Tout ce qui est utile pour la main. C’est un instrument qui ne doit pas se laisser endormir sinon le cœur non plus ne réagira plus. »



La voix qui crie dans l’obscurité.
acrylique, 2005 44,5x70,5 cm
550 000 Fcfa (838 euros)

hier / aujourd’hui / demain
Le monde, l’individu évoluent dans ces trois jours. Le cri de la sagesse, de la connaissance tente de se faire entendre dans ce monde. Chaque jour, on crie !




Replacement.
Acrylique, 2005 61x100 cm
825 000 Fcfa (1257 euros)

Nous avons une nouvelle tendance de vision et de compréhension du monde. Tout change très rapidement depuis un siècle et nous avons l’impression que cela se fait très facilement. Mais nous devons revenir sur une conscience de notre contexte actuel.




Coded Behaviour.
Acrylique, 2005 50x65 cm
495 000 Fcfa (754 euros)


La société est orientée par les factions. Tout le monde vise le bon côté de l’argent, du bien vivre. C’est par la persévérance et le devoir que nous devons aboutir à ce qu’on doit avoir.





Le bonheur n’est pas d’argent.
Acrylique, 2005 61x100 cm.
825 000 Fcfa (1257 euros)




La tâche
Acrylique, 2005 61x100 cm
825 000 Fcfa (1257 euros)

Chacun laisse une tâche. Le monde est un rideau sur lequel qhacun laisse une tâche de vie, de comportement.





L’univers tourne
Acrylique, 2005 61x100 cm
825 000 Fcfa (1257 euros)

Chaque être humain est un univers à découvrir. Cela tourne puisqu’il y a différentes cultures qui se mélangent de génération en génération.



Martel peint avec l’acrylique. Il dessine aussi beaucoup sur ces grands livres de croquis.
Des lignes légères en mouvement décrivent le buste d’un homme, l’assise d’une femme. Ses personnages s’entremêlent dans des courbes dansantes. Les volumes sont forts puis vont vers une épuration schématique pour se limiter à l’essentiel.
Les couleurs de Martel s’expriment dans de forts contrastes. Dans sa dernière série, les tracées tranchent sur des fonds lourds et dans une obscurité profonde. Ils émergent d’un univers indécis et confus en structurant l’espace.
D’autres toiles sont comme une fête habitée de personnages en rondeur, ou plutôt de traces laissées par les hommes au détour de leur passage. Des formes rondes gravitent dans un univers complexe.
L’œuvre de Martel illustre les hommes évoluant dans un monde toujours en mouvement. Ses toiles sont un encouragement, un hymne à la vie. Il nous incite à l’ouverture, à la compréhension de l’autre à travers son fameux Think Positive.
Think Positive.

contact : asso@douniala.com


Thierno Diallo

plasticien à Bamako









Thierno a aménagé un atelier-galerie à Lafiabougou Talico, quartier excentré de Bamako au pied du Mont Mandingue. C’est un jeune peintre sculpteur qui expérimente sans cesse de nouvelles techniques. Il a fait de son atelier un lieu de création collectif qu'il partage avec trois autres artistes de Bamako. En quelques années, il a construit une sorte d'atelier idéal pour les recherches picturales. Les plantes, la décoration d'inspiration zen, l'air qui circule avec les parfums de fleurs, ici tous les éléments favorisent la sérénité nécessaire à la réflexion. On se demande même comment Thierno arrive à ne pas être plus dérangé par les connaissances qui souhaiteraient tout simplement profiter de son atelier comme d'un espace de vie où passer les heures chaudes de la journée.







Les peintre-sculpteurs viennent quotidiennement. Chacun fouille, trace, concocte et mélange avec ce qu'il a à sa disposition. La nature environnante fournit la base de leurs matériaux et l'atelier prend des airs de véritable laboratoire d’herboristerie. Ils se nourrissent aussi de cette collectivité en échangeant avec l'autre conseils, avis, idées et projets.





Palabre avec Thierno :
M.B. : « Il est frappant de voir la diversité des oeuvres que tu réalises. Entre le dessin, la peinture, la sculpture, quelle technique expérimentes-tu en ce moment ? »
T.D. : « J’aime tester tous les matériaux même si dernièrement j’ai décidé de me recentrer sur une seule. En tant qu’artiste, je dois chercher, expérimenter. Parfois j’ai l’impression d’être comme un cuisinier qui dose les ingrédients pour atteindre l’arôme recherché. Alors, je prends tout ce que je trouve dans la nature autour de moi. J’ai mis au point il y a quelques années une technique le Worolan que j’ai déposée. Il s’agit de faire macérer des noix de cola afin d’obtenir un jus dont la teinte et la brillance s’apparentent au brou de noix que vous utilisez en Occident. En le diluant plus ou moins, ce jus me permet de jouer sur des dégradés d’ocres et de bruns profonds, couleurs que j’affectionne particulièrement. Je le projette sur la toile. Le cola symbolise chez nous la base du foyer.







L’infusion des plantes telles que les feuilles de kinkiliba ou d’autres plantes que l’on trouve dans les environs de Lafiabougou me donnera des jus jaunes ou verts. En faisant bouillir dans l’eau des feuilles d’épinard, j’obtiendrais de l’ocre et avec l’écorce d’arbre bouillie, j’aurais un jus rouge. Pour mes fabrications de vêtements, j’utilise la technique du bogolan, pour laquelle le jus d’écorce sert de teinture dont le fixatif est naturel.
Pendant une période, j'ai aussi beaucoup travaillé le bois que je trouve dans la région.

Lors de la préparation de mes supports, je peux coller sur une plaque de bois des coques de mangue, de cacahuètes ou du sable. Cela donne du relief ou un grain à mon support. J'ai aussi encollé de la cendre sur une toile afin de donner une teinte noire à ma préparation. Actuellement je plonge des toiles en coton dans des bassines contenant des infusions de feuilles différentes. Je vois ensuite la couleur obtenue, l'effet sur la matière.



Pour moi, tout est expérimentation de matières végétales et mon environnement immédiat me procure la plus grande partie de ma matière première. Connaissez-vous le galéré ? C'est une plante africaine dont l'infusion produit de l'encre végétale. Je voyais mon grand-père l'utiliser pour écrire les sourates sur ses tablettes. » Thierno projette de faire une plantation de cette espèce avec les graines qu'il rapporte du village. Son grand-père n’est autre que le célèbre Thierno Bokar, dont il a hérité du prénom. Thierno Bokar, celui qu'on appelait «le sage de Bandiagara» avait comme disciple Amadou Hampaté Bâ qu’il initia à l’ésotérisme. Thierno reprend :
« Quatre-vingt pour cent de ce qui est utilisé au Mali vient de l'extérieur par bateau. Sans mer, nous dépendions essentiellement du port d'Abidjan mais avec les problèmes en Côte d'Ivoire nous nous sommes retrouvés sans matériel pour travailler. Je me suis dit qu'il vaut mieux ne pas être lié à quelqu'un mais plutôt à Dieu. Je préfère donc exploiter les richesses de la nature. Elle se régénèrent. Tout vient de là et je pense que nous y retournerons aussi. »





Ce choix de technique de travail est un véritable engagement. Ainsi, il exprime sa douleur face aux carnages écologiques de l’homme sur la nature et tend à prouver que l’on peut utiliser les éléments naturels sans avoir recourt aux produits chimiques. L’écologie reste un thème dominant dans son œuvre à travers des toiles telles que Le cri de la nature où l’on voit des arbres ouvrir une bouche béante exprimant leur souffrance parce que l’homme les brûle.
Et cette grande toile noire représentant Le village planétaire où apparaît une main énorme, ouverte comme si elle allait attraper quelque chose pour le broyer. « La main de l’homme, c’est la main meurtrière qui détruit toutes choses et ne respecte pas l’épanouissement de la nature », nous dit Thierno.




« Je veux sensibiliser les autorités et la population avec mon projet de récupération des déchets plastiques afin d’en faire des sculptures. Le plastique est un grand problème au Mali et particulièrement à Bamako où les sacs et déchets s’entassent dans les rues et terrains vagues en plein centre de la ville. Parfois, le soir, on brûle ces monticules et les enfants jouent et évoluent en respirant sans répit les émanations toxiques. Dès leur plus jeune âge, leurs poumons sont agressés et on ne peut imaginer que ces enfants aient une longue espérance de vie sans encombre de santé. »

Cette question de pollution de l’environnement par les déchets touche de nombreux artistes qui dénoncent souvent dans leurs œuvres la négligence de la population et le manque d’engagement des gouvernements successifs.





Les idéogrammes dogon ou bambara sont souvent au centre de la toile et définissent le thème abordé. Ils se mêlent et se fondent aux courbes organiques. Les mythologies dogon et bambara transparaissent dans les recherches de Thierno et les concepts de leur cosmogonie animent son œuvre. Par exemple, le tableau L’air symbolise l’un des douze éléments fondamentaux de la cosmogonie bambara après l’eau, le feu, le ciel, la terre, l’homme, le Soleil, la Lune, le nord, le sud, l’est et l’ouest. Le premier geste de l’enfant à la naissance est de respirer.

Il a engagé une réflexion sur le trait, la trace en rapport avec le Thibaw (trace des ancêtres), qui renvoie aux tables divinatoires dogon inscrites sur le sable fin. Un initié pose une question à laquelle le renard sacré viendra répondre pendant la nuit en marquant les signes de ses pas. Dieu a doté l'animal de sens divinatoires pour communiquer et transmettre aux hommes. Thierno constate une similitude dans la disposition de ces traits sur des objets issus de nouvelles technologies, telles que les batteries de portables. Ses toiles sont une combinaison de signes, de codes, de traits et barres, proches des plaquettes d'informatique, ou de calculs scientifiques. Il fait un parallèle entre les traits divinatoires des ancêtres et les avancées technologiques
. «Les ancêtres avaient accumulé des connaissances dans tous les domaines. L'avenir se construit à partir du passé et du présent.»

Pour bien saisir la complexité de tout cela et s'en imprégner, Thierno part quelques fois dans les villages du Wassoulou où il écoute et apprend de ceux qui maîtrisent la géomancie. Cette science n'est pas accessible à tout le monde mais il veut la comprendre et tenter de la préserver en la faisant vivre dans ces peintures.

D’autres tableaux symbolisent la trilogie du temps, ou le tonnerre par la représentation des idéogrammes correspondants. Dans " La marche du savoir», la plume (symbole du savoir) traverse le cauri (symbole de la richesse) sur un fond laissant apparaître un pied. Thierno explique : « On dit que celui qui voyage ne perd rien. Un jeune qui a traversé cent pays est aussi sage qu’un vieux de cent ans. Le jeune soninké qui part en France pour trouver la richesse, même s’il échoue, il s’enrichit énormément. En se frottant à une autre ethnie, il découvre une terre nouvelle et se plonge dans une autre culture. Le voyageur est très respecté chez nous car nous admirons celui qui a quitté sa maison et son confort pour voir comment vivent les autres et s’adapter à leurs moyens. Celui qui vient jusque chez toi vaudra toujours mieux que toi, dit-on. » Ce respect de l’autre, et de l’étranger en particulier, on le ressent en permanence au Mali ; dans le regard des gens croisés, dans la rue ou les dourounis (bus), dans les incessants égards lorsque l’on pénètre chez les gens, dans les éclats de joie des enfants qui viennent vous serrer la main …



Les Naufragés
bois, 2007

Tout cela on le retrouve dans la peinture de Thierno Diallo. On dirait qu’il veut rappeler les valeurs de solidarité et de spiritualité qui caractérisent la tradition. Comme si, malgré les changements rapides que subit la société et avant qu’il ne soit trop tard, l’homme devait absolument retrouver les fondements de ses origines.



"Bouclier des Cultures" 116x81 cm


"Notre différence, c'est la culture mais, c'est elle qui nous rapproche. Pour moi, c'esty plutôt un point commun entre les hommes. En s'associant, le métissage de nos cultures, enrichie chacun.
Même si l'on se retrouve sans rien, on préserve toujours sa culture et alors on a encore tout. On peut toujours échanger avec autrui et savoir qui on est."




"Sa' handi A' handa A'handaï" 85x65cm


Le titre signifie "Si tu sais que tu ne sais pas, alors, tu sauras." Ce proverbe peul a été repris par Amadou Hampaté Bâ pour un de ses recueils.



"Village, planète, ciel" 65x54cm


asso@douniala.com



Ismaël Atsou K.

Ismaël Atsou K
Plasticien à Bamako
(né à Lomé, Togo, en 1960)

contact : asso@douniala.com


Ismaël Atsou K est diplôme d'un atelier d'arts plastiques à Lomé. Il a quitté le Togo en 1980 puis a vécu une errance initiatique à travers l'Italie, l'Allemagne, le Nigeria, l'Algérie, la Mauritanie et la Côte d'Ivoire avant de s'installer à Bamako au Mali où il poursuit ses recherches picturales.



Acrylique et techniques mixtes sur toiles, et plus récemment des supports bois ou fer montrent qu'Ismaël aime allier les surfaces planes imposées par la toile à la profondeur de matériaux en trois dimensions. Dans ses oeuvres, nous pouvons ressentir la diversité de ses inspirations. Ismaël porte ses recherches sur les ethnies africaines à travers les masques et les tatouages. Ses tableaux sont habités par des êtres, des sensations qui portent vers une universalité des hommes.


Festival sur le Niger (2005)
150x80 cm


Ismaël Atsou se distingue aussi par sa polyvalence puisqu'il intervient également dans la décoration de monuments publics tels que la peinture de la Tour d'Afrique à Bamako, la façade du Ministère de la culture du Mali, la décoration des scènes et podiums de festivals ou encore la peinture des carlingues d'avions.

la palette de l'artiste


contact : mail@douniala.com


Modibo Sissoko "Van"



Modibo Sissoko né en 1970 à Kayes.

Contact : asso@douniala.com


Une maison familiale dans un champ de manguiers à la périphérie de Bamako.
Sur le toit Modibo Sissoko, dit Van, travaille. Il tend ses toiles sur de grands châssis, dose ses pigments. Les couleurs vives tranchent sur la verdure des manguiers. Rose, jaune, vert éclatent. Une expo "in situ" s'improvise sur la terrasse.





Van est une personnalité bien connue dans le milieu artistique bamakois. Après une scolarité à Kayes, à l'ouest du pays, il a continué ses études à Bamako à partir de 1992.

« J'optais plutôt pour une carrière de médecin, journaliste ou encore pilote mais c'est mon oncle qui m'a conseillé de suivre des études d'art aux vues de mon niveau en dessin. Dans ma famille il y a beaucoup d'artistes. Mon grand-père peignait, certaines femmes aussi peignent alors que d'autres font de la musique. J'ai donc fait l'INA (Institut National des Arts jusqu'en 1997, avec une année blanche (de grève) en 1994. J'y ai finalement pris goût. Après les cours, je restais mes soirées à l'atelier et je me retrouvais finalement rarement à la maison. Souvent j'y passais la nuit à peindre. Voyant ma motivation mes professeurs m'ont encouragé. A la fin de mon cycle la direction m'a proposé de gérer l'atelier de sérigraphie en encadrant les jeunes étudiants. Finalement je n'ai jamais vraiment quitté cet atelier. J'ai été influencé par mes professeurs peintres maliens mais je lisais aussi beaucoup sur Picasso, Ingres, Raphaël.

Ce n'est qu'en 2004 que j'ai exercé le métier de professeur d'Arts Plastiques en lycée mais cela me prend trop de temps. Je pense ne pas continuer et me consacrer pleinement à la peinture. Tant que je vis, je continue à peindre et je cherche toujours à aller de l'avant.

J'ai essayé pas mal de techniques telles que le pastel, l'aquarelle, l’huile ou l'acrylique.
Actuellement je pars de ce que j'appelle le dessin spontané avant de faire la composition. Je laisse aller ma main aux mouvements libres sur le papier. Souvent même je donne le crayon aux enfants puis j'observe les lignes. Je vois alors des formes apparaître qui m'inspirent des thèmes. Je me nourris de ce qui m'entoure, de mon continent, du monde entier.
Les sujets qui me préoccupent tournent autour de la culture africaine, les êtres humains et leur réaction au monde, la femme aussi, bien sûr. »


Hommage aux femmes 120x60 cm



« Vous voyez la tresse sur la tête du personnage ? Dans ma culture kasonké on fait tresser les jeunes filles à l'âge de la puberté. Comme si on voulait signaler à la population qu'elles deviennent femme. Elles passent ensuite par l'épreuve du couteau, l'excision. Puis elles sont emmenées dans une maison en dehors de la ville où elles sont formées à devenir femme par une vieille du village qui les initie.

Ceci a presque disparu aujourd'hui.
La forme ronde au centre de la toile est comme ne calebasse qui symbolise souvent la femme enceinte. Malgré toutes les épreuves qu'elle traverse, la femme est tout.
Le soleil représente la force. Il s'agit d'une immense boule d'énergie que seuls les gens forts positivement peuvent approcher et toucher. La femme est là, consciente de tout cela. »




L'Union (2 toiles suivantes) 200x90cm






« Il faut cette union entre les hommes de tous les continents et particulièrement de l'Afrique. On la considère comme le berceau de l'humanité alors qu'il y a tant de massacres entre nous. Je ne peux me l'expliquer et m'y résoudre. »



Valeurs culturelles 200x90 cm



« Le fait que l'on ne porte plus assez d'importance à nos cultures, me fait dire que nous tendons vers une acculturation. Sur la toile la tête flotte, comme si elle se errait entre plusieurs cultures. Comment peut-on s'y retrouver ?
Je ressens cela partout, chez les jeunes mais pas seulement. »




Femmes et Pouvoirs 200x60 cm




« Elles sont détentrices de tous les pouvoirs. La gourde est un symbole de conservation des secrets chez nous. L'homme a beau être puissant, il suffit qu'elle incline la gourde pour que l'homme s'accroupisse. Donc il ne faut pas la mettre en colère. »


Amadou Sanogo


Amadou Sanogo
Plasticien
Vit et travaille à Bamako, Mali.
contact : mail@douniala.com

Amadou Sanogo a 30 ans. Il a grandi à Ségou où il a appris la technique du bogolan et s’est installé à la capitale malienne en 1998 pour suivre des études artistiques à l’Institut national des arts.
Amadou n’a pas le profil nonchalant de certains artistes de sa génération, … il bouillonne. Amadou dénonce, s’insurge, pose des questions fondamentales sur l’évolution de son pays, sur les injustices, sur l’art.



Il a passé 5 ans et demi à l’INA où il s’est confronté d’emblée à des concepts d’enseignements trop académiques pour sa perception. Amadou à découvert dans un livre la technique d’un peintre qui peignait avec ses mains directement sur la toile, sans utiliser de pinceau. Il s’est inspiré de cela. Il dit aussi ne pas vouloir encadrer ses œuvres et préfère les entreposer et les exposer de façon brute. Tout cela faisait de lui un élève indocile dont l’affirmation des idées s’est confrontée à l’incompréhension du corps professoral.



La discipline
250x102 cm


Grace à internet il s’est intéressé au peintre Kandinsky dont il admire l’œuvre et la philosophie qu’elle véhicule.
Il a participé à des ateliers d’artistes où il a rencontré des peintres espagnols et le poète-peintre marocain Mohamed Kacimi. Il a alors compris qu’il y a une autre façon de peindre un personnage que par les normes académiques, et que l’art ne peut être uniquement sur un espace mais que derrière cet espace il y a une philosophie. Il encourage les rencontres entre artistes qui amènent la complémentarité, la diversité et la solidarité.
« L’avantage de la diversité quand tu rencontres une autre personne, c’est la confrontation entre sa culture et la tienne. Votre union peut provoquer quelque chose, que ce soit positif ou négatif. »


Amadou s’élève contre certains principes de la société malienne qui veulent que l’on ne pose pas de question si un aîné t’impose quelque chose. C’est dit-il ce qui le met parfois à l’écart de ses semblables.
En politique aussi il affirme qu’il ne faut plus continuer à compter sur ses proches pour trouver un travail ou avoir des facilités car cela met l’évolution du pays en péril. « En démocratie c’est le consensus qui devrait l’emporter mais chez nous c’est pas ça. Il y a trop de sectarisme. Je ne veux pas qu’on me mette sous une autorité ou sous une pression. »



Les pêcheurs
142x86 cm, 2006


En observant le passage d’un vendeur de cadenas dans la rue, Amadou trouve un symbole qui va inspirer ses dernières séries de tableaux.



Cadenas


« Le cadenas est un symbole de fermeture et on est dans un pays soit disant ouvert alors que mentalement on est fermé. Donc je vais travailler sur les critiques du thème national, et même international tel que arrêter de faire couler le sang des innocents.
J’ai fait un tableau aussi sur le cadenas qui critique un peu les cinq membres permanents de l’ONU. Leurs propos bidons sur l’embargo, cet embargo auquel je ne comprends rien. La République Démocratique du Congo est sous embargo depuis bientôt cinq ans mais jusqu’à présent les armes continuent à circuler à l’intérieur du pays, les marques américaines, russes et israéliennes. Finalement, l’embargo c’est quoi ? »

Originaire de Ségou, ville riche en parole où se parle le bambara initial pur, Amadou a voulu retenir les proverbes largement utilisés dans le langage quotidien des maliens. Ils apparaissent sous forme de graffitis sur ces tableaux et servent à véhiculer des messages en complément du motif peint.



Nama
156x82 cm, 2006


Amadou Sanogo sort ses toiles de sa chambre dans la cour et peint avec une gestuelle libre sur les toiles posées au sol.
« Mon souhait est d’aller encore plus loin dans la peinture. La direction m’importe peu. Je peins pour m’exprimer, je ne peins pas pour peindre, même si je n’ai pas toujours l’impression d’être compris. Je veux que ma peinture soit une peinture d’expression une œuvre d’exposition et non une œuvre de peinture. »



Daga,
146x86 cm, 2006


Souleymane Ouologuem

Souleymane Ouologuem
Plasticien à Bamako

contact : asso@douniala.com




Souleymane Ouologuem a fait sa scolarité à Koutiala avant de venir à Bamako suivre la formation d'arts plastiques à l'Institut National des Arts de 1998 à 2001. Il utilise des techniques mixtes de peinture et collages avec des couleurs qu'il compose lui-même à base de pigments, colorants et colle.



: Le Ginna Dogon (Grande Famille)
Technique Mixte sur Toile 100×70 cm



Les origines dogon de Oulo transparaissent dans toutes ses toiles. Son enfance passée dans les villes, bien loin du village de ses aïeux Sadégué dans le cercle de Bandiagara, ne l'a pas fait s'éloigner de ses origines. Au contraire, c'est comme s'il voulait s'approprier les coutumes dogon et nous les transmettre à travers ses grands tableaux aux ambiances absorbantes. "Si je travaillais sur d'autres thèmes, je serais un peu perdu." nous dit-il. Oulo se rappelle ce qu'on lui expliquait à la maison sur les arrières grands-parents du village et sur leur tradition. Il a aussi passé de nombreuses heures à la recherche de documentation au Musée National de Bamako.


Les Canaris Secrets Dogon
Technique Mixte sur Toile 152×106 cm



Ainsi, il nous présente sa série de Ginna, maison dogon dont l'architecture est très particulière. C'est là où vivent les plus grandes familles du village. Sur sa façade, des trous représentent le nombre d'ancêtres. Oulo est émerveillé par les oiseaux qui viennent y faire leur nid, comme si cette maison permettait une harmonie entre les hommes et la nature, tout en assurant l'équilibre de la famille. La Ginna est à la base de l'éducation et du savoir des êtres.
Oulo nous initie aussi au Ginnabana (le chef de la famille), au Binou (autel sacrificiel) ou encore au Lebé (sorte d'ange au rôle d'intermédiaire entre l'homme et le bon dieu) avec ses formes arrondies et ses couleurs pastels ocres.


Guinna
Technique Mixte sur Toile 169cm×106cm




Le Ginnabana (Chef de Famille)
Technique mixte sur Toile 169 ×106 cm




Ginna Dogon
Technique Bogolan sur tissus 200×108 cm




Sira Sissoko

Sira Sissoko
contact : asso@douniala.com



Sira Sissoko est un exemple de volonté mêlée à une créativité talentueuse. Après ses études en Arts Plastiques à l'INA de 1991 à 1996, elle a fait un stage chez une canadienne peintre qui l'a initié à la confection de cadre, le montage d'exposition et le recyclage du papier. En 1999, elle ouvre son propre atelier de recyclage dans le quartier de Sabalibougou à Bamako, auquel elle donne rapidement un élan social. Des femmes déscolarisées y sont formées et travaillent selon les commandes sur la confection de cartes de voeux, abat-jours ou sacs qui sont revendus en boutiques ou à des organismes internationaux. C'est une micro entreprise très organisée permettant à de nombreuses femmes de gagner leur vie sans tomber dans le fatalisme souvent dur qui les entraîne dans des situations inextricables.
Outre les cours qu'elle donne à l'INA, Sira travaille sa peinture chez elle. Ses supports sont constitués de papier recyclé qu'elle teint, tresse, assemble. Elle travaille essentiellement sur des thèmes concernant la nature et ses manifestations influant sur les hommes.

Danse des signes


Tourbillon



contact : mail@douniala.com


Alassane Diarra

Alassane Diarra
contact : asso@douniala.com


Sculpteur à Ségou.
Né en 1972


Artiste sculpteur potier
Quartier Commercial
. Ségou Mali




Pour trouver Alassane Diarra, il faut d'abord pénétrer dans un univers de carcasses, carrosseries et chromes. Son atelier se situe au fond d'un grand garage où il fait cohabiter sculpture et mécanique. On l'aperçoit sous un hangar concentré sur une forme d'argile.







Le parcours d'Alassane est une illustration de reconversion profonde vers les arts.

A la suite d'une formation de technicien de l'agriculture, il s'est présenté en 1994 au concours de la police afin d'avoir une situation. Finalement, une rencontre avec le modeleur principal de l'usine de céramique de Bamako lui a fait découvrir l'argile. Il partait chez lui quotidiennement pour apprendre la technique du modelage. Durant une année à ses côtés, il participait à des foires d'artisanat et a obtenu plusieurs prix.

Au début de l'année 1995 Alassane a entendu parler de l'association des artisans de Ségou. Alors qu'il ne connaissait personne dans cette ville située à 235 km au nord-est de Bamako, il décide de s'y installer. Il rencontre le président de l'association des artisans qui l'encourage en l'hébergeant et en lui proposant d'installer son atelier dans ne partie d'un garage du centre.



" Je confectionnais des porcelaines décoratives avec lesquelles j'ai obtenu cinq autres prix de foire. En 2000, j'ai eu la chance de participer à une formation de perfectionnement de l'argile en France, à Angoulême, ville jumelée avec Ségou.
J'y ai appris la cuisson parce qu'avant, n'ayant pas de four performant, j'étais très limité. L'association d'Angoulême " Ayons l'art malien" m'a ensuite aidé à financer un four adéquat et depuis je ne travaille plus que la sculpture d'argile en essayant d'évoluer toujours. Mes inspirations sont issues de thème de société. Je travaille dans mon atelier au garage et j'ai ouvert un magasin dans le centre de Ségou pour vendre mes sculptures. "


Alassane Diarra participe à de nombreuses expositions et compétions nationales comme régionales où il obtient généralement un prix.
Il fait partie des artistes dont la sincérité et l'humilité de l'autodidacte nous touchent. Ses sculptures sont fortes, les formes intéressantes. On tourne autour pour en saisir toute la finesse et l'harmonie.





Espionnage Islamique
" Il s'agit des gens malintentionnés qui se disent musulmans et qui se cachent derrière leur tablette coranique."





Mendiants à la porte





Confidences
"On tend l'oreille pour que le secret ne sorte pas"





Wassamba
" C'est le nom que l'on donne en bambara au jouet des enfants circoncis. Ils font toutes sortes de jeux et de coups avec."





Immolation
"Je critique ici les politiciens de chez nous qui consultent les féticheurs et font des sacrifices pour arriver à leur fin."





Les nouveaux mariés
"Ils sont unis, protégés sous une couverture."





A l'écoute des enfants
"Il faut être attentif et écouter les enfants qui ont des problèmes."


Segson

Segson
Léopold D. Segueda

Plasticien burkinabé.
contact : mail@douniala.com

Il est né et a fait la première partie de sa
scolarité dans le village de Zabre au sud du Burkina Faso. Il dessinait déjà beaucoup et a décidé de se consacré à la peinture dès l’âge de 18 ans.


Chez moi
huile sur verre, 2010



Immigration clandestine
huile sur verre, 2010



Livraison de Dolo (bière de mil)
huile sur verre, 2007

Cet autodidacte s’installe alors à Ouagadougou où il se rapproche du peintre Zare Fayssal qui devient son mentor.
Il apprend alors les techniques du pochoir et de la peinture sur textile. Ces productions étaient alors réalisées pour une finalité commerciale et tous ses objets destinés à être vendus en magasin.




Concert des frères jumeaux
huile sur verre, 2007

C’est plus tard que Segson développe son propre style pour peindre des tableaux. Il est un fin observateur de la ville et nous fais partager ces instants uniques de la vie urbaine burkinabée.
Les « maquis » (bar parfois dancing), les concerts, le marché, ou la rue en général sont ses terrains d’exploration.



Tintin et les stars chez le marabout
huile sur verre, 2007

Femmes, enfants, soulards, marchandises, s’entrecroisent dans ces scènes saturées de couleurs.
Segson est très attaché à la maîtrise du dessin avant de styliser ses personnages. Il ne cesse de dessiner afin de faire évoluer son trait.



Tintin et la danse bobarba
huile sur verre, 2007

Segson est très concentré sur ses ambiances urbaines-humaines mais il souhaite avant tout provoquer le rire. Ses phrases laissent transparaitre la fantaisie, l’amusement dans sa manière d’appréhender la vie.



Campement touareg
huile sur verre, 2008




Tintin et les Dupont à la traversée du desert
huile sur verre, 2008




Tintin à la visite du baobab sacré
huile sur verre, 2008




Tintin au cinéma
huile sur verre, 2008




Tintin au dolodrome
huile sur verre, 2008


SEGSON,
contact : mail@douniala.com


Tary Keïta

Tary Keita

Plasticienne à Bamako


Tary Keita
e-mail : asso@douniala.com

Tary Keita est née à Bamako le 19 juillet 1978. Son père nous dit qu'elle est issue d'une famille où il y a de nombreux artistes. Lui-même était antiquaire et sillonnait l'Europe et les Etats-Unis avec les masques et statues de la sous-région. Tary est une belle grande femme qui semble bien déterminée dans ses choix.



Scolarisation des filles

Elle dessine depuis jeune, alors qu'elle était élève, sa directrice lui a conseillé de suivre des études artistiques après son Diplôme d'Etudes Supérieures. C'est ainsi qu'elle a commencé son cylcle d'arts plastiques à l'INA en 1997.

" Nous étions deux filles sur quinze étudiants dans ma promotion. J'y ai appris la perspective et certains détails auxquels je ne connaissais rien avant. J'ai fini l'INA en 2001 et depuis je participe à des expositions collectives ou à des work-shop. Nous faisons de nombreuses expos mais il n'y a généralement pas de vente. Je me débrouille en faisant des tresses. Cela me permet de vivre mais ne m'empêche pas de continuer mes tableaux. "


Tary est la présidente de l'Association des Femmes Plasticiennes du Mali(AFPM). Elles sont huit femmes, de 23 à 32 ans à se réunir régulièrement.

" Nous voulons nous regrouper pour encourager les femmes à se diriger vers la peinture. Pour moi ce qu'un homme peut faire, une femme aussi doit pouvoir. Nous discutons des projets d'exposition, des problèmes auxquels nous sommes confrontées. Nous voyageons aussi ensemble. Dans notre société les gens minimisent la peinture. Ils croient qu'il n'y a rien en tirer, qu'on ne fait que perdre notre temps. On dit même qu'une femme se salit les mains avec la peinture au lieu d'aller travailler dans un bureau. C'est pourquoi nous encourageons les femmes qui souhaitent peindre. Nous cherchons des aides pour mieux travailler.Nous voulons avoir des relations, des échanges culturels et travailler avec toutes sortes de gens. "



Filles et culture

Les thèmes abordés dans les toiles de Tary portent généralement sur les femmes, vendeuses de Bamako ou autre, sur le foyer, ou encore sur la solidarité.
Dans la cour de sa famille qui lui sert d'atelier, nous n'avons trouvé que deux toiles, les autres étant dans une galerie à Paris.
Tary veut continuer le peinture et a pour projet d'ouvrir un atelier-galerie, ce qui manque cruellement à Bamako.
Elle utilise des techniques mixtes avec du papier, de la vinyl, de la colle et du pastel sec.



LE Fardeau


Elle va bientôt exposer ses toiles à Bamako, sous l'impulsion de l'Ambassade d'Allemagne. à suivre sur douniala !




Fille et Culture 40x60 cm


"L'idéogramme bambara au centre représente la culture. Il est traversé par des traces de pas. Il s'agit des empreintes laissées par les femmes qui ont quitté leur village pour l'exode rural vers les capitales. Quand elles viennent dans la grande ville les patrons abusent souvent d'elles, les engrossent et les chassent. Elles ne savent plus où aller ni comment élever leur enfant. Certaines les abandonnent.
Là où la culture intervient c'est que dans leur village, elles se marient généralement vierges mais ici elles oublient leur culture et sont un peu perdues.
Je ne vois pas de mieux pour les femmes parceque tout ceci continue. Elles ne sont pas soutenues dans les familles et ne seront peut-être aidées que si elles se rendent à la police."




Sans titre 28x35 cm






Mokhis

Moctar Ould Sidi Mohamed, dit "Mokhis" né à Rosso en Mauritanie en 1957.
contact : asso@douniala.com



Il a d'abord été dessinateur d'affiches de cinéma avant d'être initié à la peinture par un professeur d'Arts Plastiques en 1975. Puis les expositions se succèdent à travers la Mauritanie, le Sénégal, le Maroc et le Mali.



Mokhis s'adresse à nous. Il nous décrit sa démarche, son état en phase de création.
La parole au grand artiste de Nouakchott :

« Je ne suis pas le guide de mon œuvre. C’est elle qui me guide. La plus grande part de mon travail consiste à me rendre disponible. Je broie mes pigments, je tends mes toiles, une manière de prendre le temps, d’acquérir le rythme et la disponibilité indispensables pour me peindre.

Pas de projet a priori face à la toile blanche, le travail consiste à laisser la main libre et à construire au fur et à mesure l’équilibre du tableau. Je prends la liberté de décliner des formes opposées. Entre beaucoup de mouvement comme dans les toiles de l’été dernier, c’est l’accord que je cherche, et mon travail se promène toujours comme une pendule. Par l’œuvre, je veux respirer, et encore respirer, et je cherche le doute, la découverte, l’instinctif, comme un puzzle sans modèle, la traversée des apparences, aucune intention intellectuelle.

Le monde n’est ni opaque, ni compact, il est lumière et mouvement.
La peinture, c’est une sorte d’écriture automatique. Elle naît de l’urgence et de l’inconscient.

J’essaie, je tente l’impossible pour arriver à me prouver à moi-même, et ensuite aux autres par des formes en couleurs visibles qu’on voit et, j’y réussis, aujourd’hui mieux qu’hier, alors demain !... Que cette histoire , à nous êtres humains, est autre chose qu’une histoire contée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, qui ne signifie rien »



Méditation géométrique et réalité obsolète




Ismaël Diabaté
Damy Théra
Martel Mataley
Thierno Diallo
Ismaël Atsou K.
Modibo Sissoko "Van"
Amadou Sanogo
Souleymane Ouologuem
Sira Sissoko
Alassane Diarra
Segson
Tary Keïta
Mokhis

 


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